PROGRAMME D’APPUI AUX MUTUELLES DE SANTE
LA PROMOTION DE MUTUELLES DE SANTE
La pauvreté et l’insécurité ont conduit à une forte dégradation des conditions sanitaires des populations avec une morbidité proche de 3. Les populations sont fortement exclues des soins de santé modernes. Le taux d’utilisation des services est très faible (10 à 15%).
L’ADISCO appuie donc les organisations populaires à développer des mutuelles de santé capables de les aider à prendre en charge durablement leurs soins de santé et à influencer les politiques sanitaires du pays. Les premières mutuelles au nombre de 25 sont portées par les associations des caféiculteurs du Burundi et touchent 20.000 ménages soit directement 123.000 personnes au sein du PROMUSCABU : programme d’appui aux mutuelles de santé des caféiculteurs du Burundi.
Le PROMUSCABU envisage d’atteindre cinq résultats à savoir :
1. La mise en place de 25 mutuelles de santé autogérées.
2. La mise en place de 5 unions et d’une fédération des mutuelles.
3. L’appui à des activités complémentaires susceptibles d’améliorer la capacité contributive des mutualistes.
4. La conduite d’actions d’IEC (information, éducation et communication) pour améliorer la prévention.
5. Des actions de réseautage et de plaidoyer pour l’adoption de politiques nationales en faveur des mutuelles de santé.
Les principes de base des MUSCABU sont les suivants :
1. On adhère à notre mutuelle en payant 1000 F de frais d’adhésion par ménage et en signant une autorisation de prélèvement de la cotisation à la source à la paie café.
2. La cotisation pour une famille dont le nombre de membres est inférieur ou égal à 6 personnes est fixée à 13.500 F Bu pour la première année. Pour chaque personne à charge au dessus de 6, la cotisation sera augmentée de 2500 F Bu.
3. La cotisation permet d’accéder aux prestations ci-après :
• Tous les soins dans les centres de santé publics avec un ticket modérateur de 20%.
• Soins dans les centres de santé confessionnels bien choisis avec un ticket modérateur de 40% avec un plafond de 30.000 F bu.
• Soins hospitaliers (uniquement les médicaments) dans les formations sanitaires publics et quelques hôpitaux bien choisis (Kiremba, Kibimba, Mutoyi) avec un ticket modérateur de 20% et un plafond de 80.000 F Bu.
4. Notre mutuelle ne commencera à offrir des prestations qu’après deux mois de période d’observation et quand au moins 200 adhérents auront payé leur adhésion et leur cotisation annuelle. Toute personne qui entrera plus tard dans la mutuelle sera soumise à cette règle de période d’observation de deux mois.
5. Notre mutuelle ne prend pas en charge les maladies chroniques comme la tuberculose, le sida, le rhumatisme, l’épilepsie, le diabète, les hypertensions etc. mais aidera le membre à entrer en contact avec les institutions spécialisées dans ce domaine.
6. Les accouchements et les soins aux enfants de moins de cinq ans étant déjà pris en charge par l’Etat, la mutuelle ne pourra pas les prendre en charge.
7. Notre mutuelle ne prend en charge que des médicaments génériques sauf pour des cas exceptionnels de chirurgie.
8. Notre mutuelle est avant tout un lieu de solidarité et de prévoyance car si mon voisin est malade, j’en suis également pénalisé.
9. Une mutuelle est libre après une étude de faisabilité de payer une cotisation plus élevée et d’améliorer ainsi le paquet de services offerts.
10. Des services de développement complémentaires pourront être progressivement envisagés.
La sensibilisation est conduite par les leaders des fédérations et surtout des unions des caféiculteurs avec l’appui des animateurs, des superviseurs et du coordonnateur. Les autorités administratives et sanitaires sont toujours associées à ce processus. Les résultats de ce travail de sensibilisation figurent au tableau 3 et sur les schémas qui suivent.


Caractéristiques des mutuelles qui démarrent en janvier/février 2009

En tout 3466 familles ont adhéré à ces mutuelles dont 2269 (12.500 bénéficiaires) ont payé leurs cotisations et sont donc assurées soit un taux de recouvrement des cotisations de 65.5% considéré bon pour des mutuelles communautaires volontaires en Afrique. Le taux de pénétration des unions est de 15.6% pour les adhésions, mais de 10.2% pour les assurés, un bon chiffre aussi en première année. Le rapport bénéficiaire/adhérent est proche de 5.5 alors que la moyenne dans les zones d’intervention se situe à 6.3 , un phénomène lié au fait que la mutuelle exige une cotisation plus élevée pour tout ménage de plus de six personnes.
Le nombre de femmes adhérentes est très faible. De fait, le mouvement des caféiculteurs n’est composé que de 29% de femmes dont plus de la moitié est composé des épouses de maris déjà membres, ce qui complique une analyse genre correcte de ce processus
L’AMELIORATION DE LA CAPACITE CONTRIBUTIVE
Le café ne produisant correctement qu’une fois tous les deux ans, le programme appuie les mutualistes à développer des activités complémentaires. Le choix fait est de financer ces actions au travers du crédit souple après un processus méticuleux d’identification en vue de respecter les principes de l’éducation populaire. Le tableau qui suit indique les premiers projets accordés par le comité de pilotage.


Télécharger au format pdf le (Premiers Projets complémentaires aux mutuelles acceptées par le comité de pilotage en début 2009)
L’orientation prise par ces mutualistes est de combiner une activité d’élevage moins soumise aux aléas climatiques et productrice de fumier à une filière agricole porteuse.
EDUCATION POPULAIRE ET APPUI A LA CONSTRUCTION D’UN MOUVEMENT MUTUALISTE
Le PROMUSCABU est porté à la fois par la Confédération Nationale des Caféiculteurs du Burundi (CNAC) et l’ADISCO. Les deux organisations oeuvrent pour le développement d’un mouvement mutualiste porté par ses initiateurs. Au delà de la facilitation de l’accès à des soins de santé de qualité, il s’agit d’appuyer les populations à créer des organisations mutualistes fortes capables d’influencer la qualité des soins au sein des formations sanitaires et de participer à la définition des politiques sanitaires en particulier et des politiques de développement en général.
C’est pourquoi le PROMUSCABU accorde une place centrale à la formation des populations en puisant largement dans la philosophie de l’éducation populaire.
Le mouvement mutualiste se structure parallèlement à celui du mouvement des caféiculteurs selon le schéma des acteurs ci-dessous.
L’éducation populaire permet aussi d’aiguiser la conscience politique paysanne afin qu’elle puisse revendiquer leur place dans la définition des politiques par des actions de lobbying et de plaidoyer.

2.5 LES ACTIONS DE PLAIDOYER AU NIVEAU NATIONAL
Le programme prévoit d’œuvrer pour que se mette en place une politique nationale de l’appui aux mutuelles de santé et appuiera également la mise en place d’un système national de mutualisation du risque maladie. A cet effet, de longues négociations avec le Ministère de la Santé Publique ont conduit à la désignation d’un point focal des mutuelles de santé. Nous travaillons également en concertation avec la Direction Générale de la Protection Sociale récemment mise en place.
Un cadre de concertation des acteurs des mutuelles de santé se met également en place avec le seul autre opérateur qu’est l’Archidiocèse de Gitega (à travers l’ODAG) en vue d’étudier les synergies d’intervention et les principes de collaboration.
Un système de suivi évaluation comprenant à la fois des outils et des procédures permet de piloter les mutuelles et de prévenir ainsi toute déviation tout en documentant les changements induits par ce programme.
